sábado, enero 25, 2014

25.01.99, 13h19

Instalación, 2m x 2m
Papel
2013



El 25 de enero de 1999 un terremoto de 6,4 grados en la escala de Richter sacudió nuestras vidas. Hoy, 15 años después, nosotros, quienes perdimos seres queridos y sobrevivimos a las 13h19, recordamos con un nudo en la garganta ese momento.

Papá: la primera vez que uno oye la palabra Terremoto es de mucho impacto.
Mamá: ay sí, porque siempre ha sido Temblor.
Papá: porque si tembló entonces uno dice “¡uy, que temblor tan fuerte!”, y cuando oye la noticia “Terremoto en Armenia” entonces ahí uno aterriza y dice “¡es que esto fue un terremoto!”.
Yo: porque uno no dimensiona, yo creo que nosotros dentro del apartamento no sabíamos que eso era de esa magnitud. Cuando bajamos al parqueadero, que todas las personas estaban ahí, bueno ahí uno dice “uy sí, fue como fuerte…” y luego uno sale del  condominio y todavía es más fuerte. Pero uno no sabe que está así por todas partes, uno nunca alcanza a dimensionar.
Mamá: cuando ve las paredes en el suelo, ¿cierto?, las paredes de los primeros apartamentos de La Aldea, todas se vinieron así, todos quedaron… las camas ahí volando, la sala… eso también fue muy impactante, ver los primeros pisos ahí…
Papá: y a mí me decían “se cayó tal edificio” y yo decía “tan exagerados, qué se va a caer un edificio”, no creía. Y cuando fui a caminar y vi los edificios aterrizados en 5metros y uy sí… (silencio) ahí sí creí.
Mamá: cuando empezó a temblar, como uno no sabía que eso iba a ser así, yo me paré y fui hasta la puerta, como para abrirla. En ese momento vi cuando el vidrio del bife, que estaba ahí contra la pared, se fue saliendo, el vidrio se fue saliendo así… entonces las cosas que estaban encima unas quedaron aquí y las otras quedaron allá.
Hermana: Yo me acuerdo de eso.
Yo: Dani, ¿usted no se acuerda que las dos estábamos en la pieza?, porque creo que en esa época teníamos las dos camas en la misma pieza y estábamos sin medias. Yo me acuerdo de eso porque nos habíamos acabado de bañar, y cuando el terremoto empezó mi mamá salió corriendo y yo no era  capaz de caminar porque el piso se movía mucho, entonces usted tampoco era capaz de caminar porque, imagínese, usted era más chiquita que yo, como íbamos a caminar en esa cosa tan horrible… entonces lo único que yo hice fue abrazarla, y  nos quedamos ahí porque no podíamos hacer nada más, no podíamos movernos.
Dani: yo no sé por qué no me acuerdo cuando… cuando se movía, yo tengo como imágenes, como fotos. Pero cuando se movía no, me acuerdo como de cosas muy detalladas  
Mamá: su papá se quedó con ustedes, abrazándolas, y yo miré para atrás y nos hicimos señas de que…pues…como que ya. Pero cuando yo estaba ahí, sí, yo pensé que ya, yo no esperaba sino que eso se desfondara, porque el tanque de arriba del agua, empezó a salirse el agua para acá y para allá, para acá y para allá…entonces se salía por los dos lados el agua y cuando de repente empezaron a agrietarse las paredes de las escalas, cierto, y empezaron a salirse como los tubos esos de PVC, que quedan verdes ahí, los tubitos que conducen la energía, las cuerdas, ¿no?, por la pared, empezó eso a reventarse entonces salía hasta agua por ahí…entonces yo sí dije…y cuando miré para la entrada de La Aldea se vino ese barranco, fuera de todo, entonces sí pensé que …ya.
Papá: Yo no vi nada, yo solamente miraba la pared que estaba al frente a ver cuándo se me iba a venir encima. Y no me di cuenta del bife, ni de que se salieron las cosas, ni de nada.
Mamá: ¿verdad?
Papá: Sí, a eso le llaman, creo que es, Visión de Túnel, que las personas no… descarta todo y solamente deja lo que es importante para sobrevivir. O sea, se va a venir una pared, y todo lo que importa es quitársele a la pared cuando se venga.
Mamá: además fue muy largo y los más horrible es que entre más rato eso arreciaba tan horrible… eso se llenó de polvo por todas partes porque como  los edificios se desfondaron y esos barrancos se cayeron entonces todo quedó como amarillo. Fuera de todo, semejante ruido y semejante cosa, eso todo quedó amarillo, esa nube de polvo en el centro, ay no… qué pánico volver a vivir algo así, no…
Papá: yo en ese momento quedé como bloqueado, sin saber qué hacer. Me decían “vecino, ¿usted qué va a hacer, va a ir a donde su suegro o va a dormir en el apartamento?”, y yo era como callado ahí. Hasta que él me dijo “¿no sabe qué hacer?” y yo le dije “sí, no sé”, como era una situación tan diferente que nunca he vivido, queda uno bloqueado.
Laura: lo que vino después fue lo peor…

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Fr.

Le 25 Janvier 1999 un tremblement de terre de 6,4 sur l’échelle de Richter secouait nos vies à 13h19. Aujourd’hui, 15 ans plus tard, nous, qui avons perdu des êtres aimés et avons survécu, nous nous rappelons de ce moment avec un nœud dans la gorge.

Mon Père: la première fois que l'on entend les mots tremblement de terre ça a  beaucoup d'impact.
Ma Mère: Oh oui, car on a toujours dit séisme.
Mon Père: Parce que si il y a un séisme alors vous dites "le séisme a été si fort !, " et quand on entend le mot « Tremblement de terre à Arménia », alors on réalise et on se dit " en fait c'était un tremblement de terre ! ".
Moi: Parce qu’on ne connaît pas la dimension du problème, je crois que quand nous étions à l'appartement, nous ne savions pas que c’était de cette ampleur, et pourtant, quand nous sommes arrivés au parking, tous les gens étaient là, à ce moment on se dit " ah oui, c'était aussi fort ... " et après on sort de la résidence et on comprend que c’est encore plus important. Mais on ne sait pas que c’est le cas partout, alors on n'arrive pas à mesurer ce qui se passe.
Ma Mère: Quand on voit les murs par terre, n’est ce pas? Les murs des premiers appartements de  La Aldéa, ils sont tous tombés, et tous étaient ... on voyait les lits de l’extérieur, le salon… C'était aussi très impressionnant, voir les premiers étages comme ça ...
Mon Père: Et moi on m'a dit " ce bâtiment est tombé " et je disais " tu exagères trop, il ne peut pas tomber ce bâtiment", je ne croyais pas. Et quand je suis allé faire un tour et que j'ai vu sur 5 mètres des bâtiments par terre ... (Silence) alors oui, j’y ai cru.
Ma Mère : Quand le tremblement a commencé on ne s’attendait pas a une chose pareille, je me suis mise debout et je suis allée jusqu’à la porte de l’entrée, je voulais essayer de l’ouvrir mais quand j’ai vue l’horreur de la situation… J’étais coincée  sous l’encadrure de la porte, je ne pouvais plus bouger, je me suis aperçue que l’eau sortait des mûrs   et que le four était tombé dans la cuisine. J’ai vue la vitre sur le buffet qui était contre le mur, je l’ai vue s’avancer vers l’extérieur alors toutes les choses qui avait dessus ont commencé à tomber, elles étaient toutes éparpillés.
Ma Sœur : Je me rappelle de ça.
Moi : Tu ne te rappelles pas quand on était dans la chambre ?, je crois qu’à cette époque on avait les deux lits dans la même chambre. On n’avait pas de chaussettes, je me rappelle de ça parce qu’on venait tout juste de prendre une douche. Et quand le tremblement a commencé ma mère est partie en courant et moi je ne pouvait pas marcher parce que le sol bougeait trop fort, alors toi tu ne pouvais pas marcher non plus, tu étais plus petite que moi, ce n’était pas possible, comment on allait marcher dans un truc pareil?... alors la seule chose que j’ai faite c’est que je t’ai prise dans mes bras, c’est tout… et on est restée là parce qu’on ne pouvait rien faire d’autre, on ne pouvait pas bouger.
Ma Sœur : je ne sais pas pourquoi j’ai que des images, comme des photos. Je ne me rappelle pas du mouvement, juste de petits détails.
Ma Mère : votre père est resté avec vous, en vous serrant dans les bras, et c’est là que j’ai regardée derrière, là où vous étiez, et on s’est fait le signe de…bon… que c’était la fin. Quand j’étais là j’étais convaincue que c’était fini, j’attendais juste que le sol s’effondre, parce que le réservoir d’eau du bâtiment était au dessus de notre appartement, et comme tout bougeait très fort, l’eau a commencée à sortir par-ci par-là, par-ci par-là… alors il y avait de l’eau partout, et d’un coup les murs des escaliers ont commencé a se fissurer, les tuyaux de PVC, ceux qui sont verts, les tuyaux qui conduisent l’électricité et les fils électriques sont sorties d’entre les mûrs. Ils ont commencé à s’éclater, alors l’eau sortait par là, moi, je me suis dis que… et quand j’ai regardée l’entrée de la résidence, La Aldéa, j’ai vu le flanc de la montagne s’effondrer, alors je pensais que… voilà.
Mon Père : Je n'ai rien vu, j'ai juste regardé le mur qui était en face pour savoir quand est-ce qu’il allait tomber sur moi. Et je n’ai pas remarqué le buffet, ni tout ce qui arrivait, ni quoi que ce soit.
Ma Mère : C’est vrai ?
Mon Père : Oui, on appelle ça, je crois que c'est, vision du tunnel, quand les gens ne ... c’est quand on écarte tout et on ne laisse que ce qui est important pour la survie. Autrement dit, s’il y a un mur qui va tomber,  tout ce qui importe est d’éviter qu’il tombe sur nous.
Ma Mère : Et vous savez ce qu’on n’oublie jamais ? C’est le son, le son qui sort de la terre.
Ma Sœur : Ah oui ... Je me souviens du son.
Ma Mère: J’étais très impressionnée parce qu’il y avait beaucoup de poussière autour du Parc Uribe, il y en avait beaucoup, tout était recouvert d’une couleur jaunâtre, de la poudre de terre jaune. Le mûr était tombé en premier, le flanc de montagne de l’entrée de La Aldéa, alors qu’il était immense, il s’est effondré, et après le bâtiment qui est tombé, le bâtiment qui a tué plein de personnes… c’est pour ça qu’il y avait autant de poussière dans l’air, à cause des édifices qui se sont effondrés. Et le bruit que ça fait…c’était comme un écho, très bizarre, une chose étrange au fond... et comme les choses commencent à tomber, les verres à s’éclater, les choses à se casser, alors c'est un son mélangé de tout ça... ah non, c’est un son très horrible. Le bruit de la terre est très horrible.
Mon Père : Moi, à ce moment, j’étais bloqué, je ne savais pas quoi faire. On me disait « et qu’est-ce que vous allez faire, vous allez dormir chez quelqu’un ou vous restez dormir à l’appartement ? », et moi, je restais en silence jusqu’au moment où mon voisin m’a dit « vous ne savez pas quoi faire ? » et je lui ai répondu « oui, je ne sais pas ». Comme c’était une situation tellement différente que je n’avais jamais vécu, j’étais bloqué.
Moi : Et ce qui est arrivé après c’était le pire...

2 comentarios:

  1. Tú también te sumaste a los que rindieron un homenaje al recuerdo de lo que fue ese 25 de enero de 1999. Con nuestro permiso, claro! Así fue como lo vivimos los cuatro. Exacto, igualito, con el mismo miedo que transmiten tus Letras. Ojalá no vuelva a ocurrir algo así. Quedamos pendientes de lo que vino después, que fue peor. Bien, hija

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  2. Liliana Hernández5:24 p.m., enero 26, 2014

    Lo que vino después fue peor, yo estaba en vacaciones y los noticieros transmitieron las 24 horas, fue terrible ver lo que sucedía y más cuando los noticieros por rating, repetían y repetían las mismas escenas dando ya un toque "amarillista", obviamente aqui en Bogotá, pendientes de ustedes y de todo lo que informaban, siempre he pensado en mi concepto personal y viendo lo que le sucedió a otras personas y a la ciudad, que Dios los cuidó y protegió, ya que ustedes a pesar todo, fueron muy afortunados en ese momento, a nivel general, como dicen los que conocen lo que ha sucedido a través de la historia, que desafortunadamente solo por medio de estas tragedias y a pesar de las cosas malas que sucedieron, vemos en Armenia, una ciudad mejor, más bonita y mejor construida y con la experiencia aprendida simplemente seguir para adelante!

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