jueves, febrero 13, 2014

Exotique, Exoticus, Exôtikos.







                        Capture d’écran, entrée Exotique, Google France, 2014.
                        Capture d’écran, entrée Exótico,Google Colombia, 2014.




















Depuis que je vis en France, j’ai remarquée l’existence du mot  exotique. Je ne me rappelle pas d’avoir utilisé régulièrement ce mot dans le langage courant de mon pays (l’espagnol) et pourtant cela fait environ trois ans que je parle français couramment.  Je commence à me poser des questions autour de ce qui est qualifié avec cet adjectif parce qu’il y a quelque chose en lui qui me dérange énormément.

Hier je suis allée au  supermarché, comme d’habitude j’ai regardée dans le rayon fruits et légumes si je  trouvais quelque chose venant de la Colombie. Parfois je trouve des bananes plantain, des mangues  ou des ananas, trois fois plus chers que celles que je mangeais là-bas (c’est curieux qu’en français le mot cher soit utilisé pour parler d’une personne aimé et aussi d’un produit à un prix élevé, comme si la personne aimé pourrait avoir un prix élevé ou le produit aurait une valeur supérieure parce qu’il coûte plus d’argent). Dans ce rayon, où je trouve les fruits qui me manquent parce que je les ai mangés pendant 20 ans, je lis toujours, sur un petit panneau  écrit à la main : fruits exotiques.

Dimanche dernier, comme d’habitude, je suis allée visiter un magasin de plantes et jardinage. Les fleurs ont pour moi une valeur très importante, elle représentent le temps, elles vivent et meurent dans un temps différent au mien mais avec moi. Avant, quand j’habitais en Colombie, j’avais toujours des fleurs chez-moi ; c’est une habitude que j’ai prise de ma mère. Mais depuis que je vis en France, je ne peux pas acheter de fleurs parce qu’elles coûtent cinq fois plus cher, c’est pour cela que j’achète des plantes et des cactus, parce qu’ils m’accompagnent pendant une période de temps plus longue, si j’accepte tous ses caprices. Quand j’étais dans ce magasin, dans le rayon où je trouve toujours mes fleurs préférés, j’ai lis un petit panneau  écrit à la main: fleurs exotiques.

 Il y a deux semaines, comme d’habitude, je suis allée faire mes courses dans le petit supermarché près de chez-moi. J’écris toujours la liste dans un bout de papier recyclé, pour ne rien oublier. Ce jour-là, j’avais prévue de faire un gâteau à la banane, une recette colombienne que mes amis en France apprécient. Dans ma liste: bananes, lait, œufs, farine, raisins secs, vanille. Je cherchais dans le rayon des fruits secs les raisins et je suis tombée sur une trentaine de sachets d’un certain mélange exotique.
Ces expériences au quotidien m’interpellent, qu’est-ce que l’exotique?, pourquoi je le remarque autant?, si les fruits de mon pays sont exotiques, suis-je exotique aussi ?,  l’adjectif exotique est universel?, qu’est-ce que l’exotique pour moi?, d’où vient ce mot?
Selon le Dictionnaire Le Petit Robert, la définition  du mot exotique est :
"Adj. Et n. (1548, rare av. XVIII; lat. exoticus, gr. Exôtikos « étranger »). Qui n’appartient pas à nos civilisations de l’Occident, qui est apporté de pays lointains. Plantes exotiques (opposé à indigène). Produits, denrées exotiques (V.Colonial).  – (Déb. XIXe) Usages exotiques. Danses exotiques. Charme exotique."           Dictionnaires Le Robert, Edition 1987, Paris XIe.

Fais-je parti de nos civilisations de l’Occident?, Qui en fait parti?, jusqu’où va l’Occident?, Pourquoi la définition est destinée à nos civilisations de l’Occident ou, ce qui revient au même, nous les occidentaux? Et est-ce que ceux qui ne sont pas occidentaux ont la même définition?

L’Occident est « l’Ensemble des pays d’Europe occidentale et d’Amérique du Nord » selon le Dictionnaire Hachette (édition 2006, entrée Occident) , pourtant moi, colombienne, j’ai appris à l’école primaire que le mien est un pays occidental. Trou de mémoire ou lapsus historique?, prenons un autre dictionnaire, Le Petit Robert : «... 3 POLIT L’Europe de l'Ouest, les États-Unis et, plus généralement, les membres de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN). » (Édition 1993, entrée Occident). La Colombie est donc un pays d’Orient?, entrée Orient «L’ensemble des grands États, des provinces de l’Asie » (Dictionnaire Le Littré 1963-1977).  Les colombiens, et par ailleurs les habitants d’Amérique du Sud, ne sont pas considérés ni comme des occidentaux ni comme des orientaux. Cette définition du mot exotique ne s’adresse donc pas à nous, elle nous place comme les pays lointains, deux termes qui rappellent les voyages d’exploration et postérieur découverte  du Nouveau Monde. Les pays lointains, là-bas où les gens mangent des bananes plantain, des mangues et des ananas, là-bas où il y a beaucoup d’animaux partout, là-bas où les femmes ont des gros seins, là-bas où l’ambiance a l’air festive et humide, là-bas, les terres qu’on appelle «de rêve ».

L’exotique c’est nous, qui venons de loin et qui ne sommes ni blancs, ni occidentaux, ni conquistadors, ni des pays riches ni développés, ou encore, d’après ce que quelqu’un m’a dit un jour «il y a des gens qui vivent ici depuis longtemps qui sont civilisés », nous ne sommes pas non plus des civilisés.   Voilà pourquoi ce mot m’exaspère, parce que quand je l’entends c’est de moi qu’on parle, de ma famille, mon pays, mes coutumes et ma culture, parce que je me sens signalée, montrée, examinée à côté de La Venus Noire, placée dans le coin des ceux qui ne sont pas d’ici, ceux qui ne sont pas comme nous, et surtout parce que ce monde développé se sert du mot exotique pour vendre une identité qui nous appartient. Dans le quotidien, je retrouve le mot exotique de manière répété et constante, tous les jours sans exception, marié à des substantifs qui touchent la plupart des dimensions de la vie:     

a.   Alimentation : Recette exotique, Alimentation exotique, Assiette exotique, Sauce exotique.
b.   Aménagement : Mobilier exotique, Artisanat exotique, Boites exotiques, Parquet exotique, Ambiance de nature exotique, Décoration Exotique.
c.   Beauté : Huile essentiel exotique, Crème exotique, Maquillage exotique, Shampoing exotique, Savon exotique.
d.   Être humain : Peau Exotique, Femme exotique, Quelqu’un d’exotique, Population exotique, Prénom exotique, Mœurs exotiques, Usage exotique.
e.   Faune : Animaux exotiques, Espèce exotique, Faune exotique, Aquarium exotique.
f.   Flore : Fleurs exotiques, Jardin botanique exotique, Jardin exotique, Oasis exotique, Plante carnivore exotique.
g.   Fruits : Jus exotique, Eau de fruits exotiques, Fruits exotiques, Salade de fruits exotiques.
h.   Langue: Terme exotique, Langue exotique,  Mot exotique.
i.    Lieux : Mini-golf exotique, Piscine exotique, Village exotique, Ferme exotique, Palais exotique, Boutique exotique, Epicerie exotique, Supermarché exotique, Traiteur exotique.
j.    Matériaux : Matière exotique, Bois exotique, Outil exotique.
k.   Mer : Port exotique, Pèche exotique, Plage exotique
l.    Musique : Instrument exotique, Musique Exotique, Rythme exotique, Bruit exotique.
m.  Sensations : Parfum exotique, Saveur exotique, Douceur Exotique, Goût exotique, Evénement exotique
n.   Tourisme : Voyage exotique, Terre exotique, Paysage exotique, Paradis exotique, Destination Exotique, Rêve Exotique.

Ce mot est utilisé de manière subjective en fonction de nos origines, habitudes et regards différents,  qu’est-ce qu’un fruit exotique si ce n’est pas la mangue de mon enfance? Elle n’est donc pas exotique mais endotique pour moi; de manière qualificative pour accorder une valeur économique et symbolique différente, cette mangue que j’achetais pour 0,07 centimes d’euro en Colombie que je retrouve en France dans le rayon Fruits Exotiques/de la Passion/D’ailleurs pour 3 euros, le prix d’un  délicieux rayon de soleil, elle ne sera pas si charmante pour tout le monde ; et, finalement, de manière différentielle: tout ce que viens d’ailleurs, qui fait rêver, ce qu’existe entre les Autres et Nous parce que l’humanité a encore besoin des limites et des frontières, de signaler que nous ne sommes pas les mêmes, que nous sommes séparés entre eux et nous, leurs et notre/nos, sa/son et ma/mon, lui/elle et moi.  La curiosité pour tout ce qui ne nous appartient pas a fait des civilisations ce qu’elles sont aujourd’hui, des mélanges informes, des échanges de savoirs et des populations d’ici et d’ailleurs, des peaux qui sont moins claires que celles que nous n’avions pas coloré dans les carnets de dessin de l’Histoire, des miscellanées de vies tissés sur la même toile, des mots qui évoluent, qui se transforment, qui se diluent, des mots qui meurent et qui traversent la parole pour construire la grande valise de désirs que nous sommes.    


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Español:

Desde que vivo en Francia me he dado cuenta de la existencia de la palabra exótico. No recuerdo haber utilizado regularmente esta palabra en el lenguaje corriente de mi país (el español) y, sin embargo, hablo francés con asiduidad desde hace tres años. Empiezo a hacerme preguntas respecto a lo que es calificado con este adjetivo, hay algo en él que me molesta profundamente.
Ayer fui al supermercado, como de costumbre, busqué en la sección de frutas y verduras algo traído de Colombia. A veces encuentro plátanos, mangos o piñas, tres veces más costosas que las que comía allá (me llama la atención que en francés la palabra utilizada para hablar de algo costoso es cher, la misma para hablar de un ser querido. Cher es costoso y querido, como si la persona querida pudiera tener un precio elevado o el producto tuviera un valor superior porque cuesta más dinero). En esta sección, donde encuentro las frutas que a veces extraño, porque las comí durante 20 años, leo siempre, en un anuncio manuscrito: frutas exóticas.

El pasado domingo, como de costumbre, fui a visitar un almacén de plantas y jardinería. Las flores tienen para mí un valor muy importante, ellas representan el tiempo, ellas viven y mueren en un tiempo diferente al mío pero con-migo. Antes, cuando vivía en Colombia, tenía siempre flores en casa; es una costumbre que aprendí de mi madre. Pero desde que vivo en Francia ya no puedo comprar flores porque son cinco veces más costosas, es por eso que compro plantas y cactus, porque ellos me acompañan durante un periodo de tiempo más largo, si acepto, claro, todos sus caprichos. Cuando estaba en ese almacén, en la sección donde encuentro siempre mis flores preferidas, leo siempre un anuncio manuscrito: flores exóticas.

Hace dos semanas, como de costumbre, fui a hacer mis compras en el pequeño supermercado cerca de casa. Escribo siempre la lista en un pedazo de papel reciclado, para no olvidar algo. Ese día, había planeado hacer una torta de banano, una receta colombiana que mis amigos en Francia aprecian. En mi lista: bananos, leche, huevos, harina, uvas pasas, vainilla. Buscaba, en la sección de los frutos secos, las uvas pasas y vi, de repente, una treintena de bolsas de una tal mezcla exótica.
Estas experiencias cotidianas me interpelan, ¿qué es lo exótico?, ¿por qué llama tanto mi atención?, ¿si las frutas de mi país son exóticas, por extensión, soy exótica también?, ¿el adjetivo exótico es universal?, ¿qué es lo exótico para mí?, ¿de dónde viene ésta palabra?

Según el Diccionario Le Petit Robert, la definición de la palabra exótico es:

“Adj. y n. (1548, raro antes del S.XVIII; lat. Exoticus, gr. Exôtikos “extranjero”). Que no pertenece a nuestras civilizaciones de Occidente, que viene de países lejanos. Plantas exóticas (opuesto a indígena). Productos exóticos (V.Colonial). -  (S.XIX). Usos exóticos. Danzas Exóticas. Encanto exótico.        Dictionnaires Le Robert, Edición 1987, Paris XIe
¿Hago parte de nuestras civilizaciones de Occidente?, ¿Quién hace parte?, ¿Hasta dónde va el Occidente?, ¿Por qué la definición está destinada a nuestras civilizaciones de Occidente o, lo que es lo mismo, nosotros los occidentales? y ¿Quiénes no son occidentales tienen la misma definición?.

El Occidente es “el conjunto de países de Europa Occidental y América del Norte”, según el Diccionario Hachette (edición 2006, entrada Occidente), sin embargo yo, colombiana, aprendí en la escuela primaria que el mío es un país occidental. ¿Olvido de memoria o lapsus histórico?, tomemos otro diccionario, Le Petit Robert: “…3POLIT Europa del oeste, los Estados Unidos y, en general, los miembros de la Organización del Tratado del Atlántico (OTAN).” (Edición 1993, entrada Occidente). ¿Colombia es entonces un país de Oriente?, entrada Oriente: “El conjunto de grandes Estados, de provincias de Asia”, (Dictionnaire Le Littré 1963-1977). Los colombianos, y de hecho los habitantes de América del Sur, no son considerados ni como occidentales ni como orientales. Esta definición de la palabra exótico no se dirige a nosotros aunque nos posiciona como los países lejanos, dos términos que recuerdan los viajes de exploración y posterior descubrimiento del Nuevo Mundo. Los países lejanos, allá donde la gente come plátanos, mangos y piñas, allá donde hay muchos animales por todas partes, allá donde las mujeres tienen senos grandes, allá donde el ambiente parece festivo y húmedo, allá, esas tierras que llaman “de ensueño”.

Lo exótico somos nosotros, quienes venimos de tierras lejanas, quienes no somos ni blancos, ni occidentales, ni conquistadores, ni países ricos ni desarrollados, y mejor aún -según lo que me dijo alguien un día: “hay personas que viven aquí hace mucho tiempo que son civilizadas”-  no somos tampoco civilizados. He aquí la razón por la cual esta palabra me exaspera, porque cuando la escucho es de mí de quien están hablando, de mi familia, mi país, mis costumbres y mi cultura, porque me siento señalada, mostrada, examinada al lado de La Venus Negra, ubicada en el rincón de los que no son de aquí, los que no son como nosotros, y sobre todo porque el mundo desarrollado se sirve de la palabra exótico para vender una identidad que nos pertenece. En el cotidiano, encuentro la palabra exótico de manera repetida y constante, todos los días sin excepción, casada con sustantivos que tocan la mayoría de dimensiones de la vida:
   
a.   Alimentación: Receta exótica, Alimentación exótica, Plato exótico, Salsa exótica.
b.   Acondicionamiento: Mobiliario exótico, Artesanía exótica, Cajas exóticas, Parqué exótico, Ambiente de naturaleza exótica, Decoración     exótica.
c.   Belleza: Aceite esencial exótico, Crema exótica, Maquillaje exótico, Champú exótico, Jabón exótico.
d.   Ser Humano: Piel exótica, Mujer exótica, Alguien exótico, Población exótica, Nombre exótico, Costumbres exóticas, Uso exótico.
e.   Fauna: Animales exóticos, Especies exóticas, Fauna exótica, Acuario exótico.
f.   Flore: Flores exóticas, Jardín botánico exótico, Jardín exótico, Oasis exótico, Planta carnívora exótica.
g.   Frutas: Jugo exótico, Agua de frutos exóticos, Frutas exóticas, Ensalada de frutas exóticas.
h.   Lengua: Término exótico, Lengua exótica, Palabra exótica.
i.    Lugar: Mini-Golf exótico, Piscina exótica, Pueblo exótico, Granja exótica, Palacio exótico, Tienda exótica, Supermercado exótico.
j.    Materiales: Materia exótica, Madera exótica, Herramienta exótica.
k.   Mar: Puerto Exótico, Pesca exótica, Playa exótica.
l.    Música: Instrumento exótico, Música exótica, Ritmo exótico, Ruido exótico.
m.  Sensaciones: Perfume exótico, Sabor exótico, Dulzura exótica, Gusto exótico, Evento exótico.
n.   Turismo: Viaje exótico, Tierra exótica, Paisaje exótico, Paraíso exótico, Destinación exótica, Sueño exótico.

Esta palabra es utilizada de manera subjetiva en función de nuestros orígenes, costumbres y miradas diferentes, ¿Qué es una fruta exótica si no es el mango de mi infancia? Él no es entonces exótico sino endógeno para mí; de manera calificativa para acordar un valor económico y simbólico  diferente, ese mango que compraba por 0,07 centavos de euro en Colombia que encuentro en Francia en la sección Frutas Exóticas/ de la pasión/de países lejanos por 3 euros, el precio de un delicioso rayo de sol, él no será igual de encantadora para todo el mundo; y, finalmente, de manera diferencial: todo lo que viene de un lugar lejano, que hace soñar, lo que existe entre los otros y nosotros, sus y nuestros, su y mi, él/ella y yo. La curiosidad por todo lo que no nos pertenece a hecho de las civilizaciones lo que son hoy, mezclas informes, intercambios de saberes y poblaciones de aquí y de allá, pieles que son menos claras que aquellas que no fueron coloreadas en los cuadernos de dibujo de Historia, misceláneas de vidas tejidas sobre la misma tela, palabras que evolucionan, que se transforman, que se diluyen, palabras que mueren y que atraviesan la palabra para construir la gran maleta de deseos que somos.





domingo, febrero 02, 2014

Hagamos un trueque/ Faisons un troc






A veces  quisiera mentirle al mundo, decirles a los colombianos que la guerra ha terminado, a los cubanos que no hay dictadura, a los venezolanos que  su libertad no está en riesgo, a los argentinos que la inflación del peso es pasajera, a los chilenos que perder 120 millas de mar no es tan grave, a los ecuatorianos que si el gobierno no les paga su salario esperen un poquito, a los brasileños que no hubo despilfarro de dinero para el Mundial, a los peruanos que Fujimori es pasado, a los uruguayos que cambiar alimentos por petróleo no es negociar con una dictadura, a los paraguayos que la democracia se ha consolidado como es debido. A Panamá que su Canal está al servicio del pueblo, a los costarricenses que sí hay libertad de prensa, a los nicaragüenses que se vayan acostumbrando a la represión policial, a los guatemaltecos que hay más dinero para la educación, a los Hondureños que hubo elecciones limpias, a los Mexicanos que habrá consulta ciudadana antes de aprobar las reformas, a los estadounidenses que ante todo la defensa personal, a los canadienses que la abolición de puestos en la oficina de correos no significa privatización.  

Luego cambiar de continentes, y decirles a los sirios que tengan esperanza y coraje, a los malienses que una revolución militar o civil es inimaginable, a los egipcios que Morsi no gobierna desde la cárcel, a los nigerianos que la estabilidad fiscal llegará en 2043, a los congoleses que den la bienvenida a los 60.000 refugiados centroafricanos, a los libios que la libertad no depende del color de piel, a los etíopes que ahora tendrán derecho a medicamentos y alimentación, a los iraníes que pedir la igualdad de género no es un crimen, a los pakistaníes que la violencia conyugal se puede justificar, a los griegos que esperen el famoso paquete de ayudas económicas de la UE, a los italianos que la iglesia ya se separó del gobierno, a los españoles que en 10 años todo volverá a la normalidad, a los franceses que la extrema derecha no es más fuerte en los sondeos, a los rusos que hijo de putin, a los chinos que sigan callados, a los indios que no sabemos lo de la ablación del clítoris, a los japoneses que las mutaciones genéticas no irán más lejos que en las mariposas, a los australianos que el derecho legal de amamantar a un niño en público no necesita ser reivindicado.
Digo a veces porque las otras veces me pregunto a dónde nos lleva esta crisis humanitaria. Digo quisiera porque no sé mentir. Digo mentir porque por lo menos durante este instante, que duraría mi mentira, arrancaría una sonrisa en medio de tantas lágrimas. Digo al mundo porque me pienso entre América del Sur y Europa pero me construyo en este caótico mundo-mundial. Todos los días perdemos un poco más, el mundo  está vestido de rojo.

Necesitamos cicatrizar un poco, cambiar penas por paz, deshacer los nudos. ¿Cómo?, he creado 200 lágrimas en porcelana blanca, cada una contenida en una caja de 1cm2, ninguna es idéntica a otra, todas están destinadas a ser la lágrima de alguien. He enviado 100 lágrimas a Colombia, por correo atravesando el Atlántico. Si usted está en ese país y quiere participar entonces hagamos un trueque: yo le doy una lágrima, usted me da un pedacito de su memoria; yo le doy una lágrima, usted abre la caja, pone la lágrima en su mano y mete un objeto en la caja que me será reenviada a Francia. La única condición es encontrar un objeto que quepa en 1cm2 y escribir en el soporte que usted elija (papel, cartón, servilleta, otro objeto, digital, etc.) qué representa ese objeto para usted. Una vez el truque hecho, esa lágrima será la suya.



Las 100 cajas con los objetos que habremos intercambiado serán parte de una exposición en la Escuela Superior de Artes de Bretaña en el mes de Junio y de otras exposiciones venideras. Las 100 cajas restantes serán intercambiadas en Francia de la misma manera, expuestas e instaladas con las 100 primeras. Una vez las 200 lágrimas sean intercambiadas, el proyecto se extenderá a otros países, el proyecto quedará abierto y su exposición no significa un término.

Aproveche este trueque  para compartir sus ideas, sus puntos de vista sobre la situaciones citadas anteriormente, proponga cambios, ideas, perdone, dígale al mundo por qué esa lágrima es la suya, por qué no está conforme, hable de sus sueños, anhelos, tristezas, duelos, decepciones.  Sea libre, diga lo que quiera, el mundo necesita de usted.


Si tiene dudas y quiere trocar, escríbame:  penelopelhg@gmail.com o deje un comentario en Letras Tibias, responderé lo antes posible. Todas las lágrimas serán trocadas en el mes de febrero.

¡ Gracias por participar !

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FR.

Faisons un troc


Parfois j’aimerai mentir au monde, dire aux colombiens que la guerre est terminée, aux cubains qu’il n’y a pas de dictature, aux vénézuéliens que leur liberté ne risque rien, aux argentins que l’inflation du peso est passagère, aux chiliens que perdre 120 milles de mer n’est pas si grave, aux équatoriens que  si le gouvernement ne paye pas leur salaire il faut attendre un petit peu plus, aux basiliens qu’il n’y a pas eu du gaspillage d’argent pour Le Mondial de Football, aux péruviens que Fujimori est que du passé, aux uruguayens que changer des aliments pour du pétrole n’est pas négocier avec une dictature, aux paraguayens que la démocratie s’est consolidée correctement. Au Panama que son Canal est au service du peuple, aux costariciens qu’il y a de la liberté de presse, aux nicaraguayens qu’il va falloir  prendre l’habitude de la répression policière, aux guatémaltèques qu’il y a de l’argent pour l’éducation, aux honduriens que les élections présidentiels ont été transparentes, aux mexicains qu’il y aura consultation citoyenne avant d’adopter des réformes, aux américains que la défense personnelle est avant tout, aux canadiens que la diminution d’effectifs  dans les bureaux postaux ne signifie pas leur privatisation.


Après changer de continents, et dire aux syriens d’avoir de l’espoir et du courage, aux maliens qu’une révolution militaire ou civile est inimaginable, aux égyptiens que Morsi ne gouverne pas de sa prison, aux nigérians que la stabilité fiscal viendra en 2043, aux congolais de souhaiter la bienvenue aux 60.000 refugiés centrafricains, aux libanais que la liberté ne dépends pas de la couleur de peau, aux éthiopiens que maintenant eux aussi auront droit aux médicaments et aux aides alimentaires, aux iraniens que demander l’égalité de genre n’est pas un crime, aux pakistanaises que la violence conjugale peut être justifiée, aux grecs d’attendre le fameux paquet d’aides économiques de la UE, aux italiens que l’église s’est bien séparée du gouvernement, aux espagnols que d’ici 10 ans tout sera comme avant, aux français que l’extrême droite n’est pas plus forte dans les sondages, aux russes qu’ils peuvent être fiers d’être fils de Putin, aux chinois de continuer silencieux,   aux indiens qu’on n’est pas au courant de l’ablation du clitoris, aux japonaises que les mutations génétiques n’iront pas plus loin que sur les papillons, aux autrichiens que le droit légal d’allaiter un enfant en public n’a pas besoin d’être revendiqué.

Je dis parfois parce que les autres fois je me demande où est-ce que cette crise humanitaire nous amène. Je dis j’aimerai parce que je ne sais pas mentir. Je dis mentir parce qu’au moins, pendant cet instant, où mon mensonge aura lieu, j’arracherai un sourire au milieu de tant de larmes. Je dis au monde parce que je me pense entre l’Amérique du Sud et l’Europe mais je me construis dans ce chaotique monde-mondial. Tous les jours nous perdons un peu plus, le monde est habillé en rouge.

Nous avons besoin de cicatriser, de changer les peines pour la paix, de défaire les nœuds.Comment?, j’ai crée 200 larmes en porcelaine blanche, chacune contenue dans une boîte de 1cm2, aucune est identique à une autre, elles sont toutes destinées à devenir la larme de quelqu’un.  Je troquerai  100 larmes en Colombie et 100 en France. Si vous êtes dans un de ces pays et que vous aimeriez participer alors faisons un troc: je vous donne une larme, vous me donnez un petit morceau de votre mémoire, je vous donne une larme,  vous ouvrez la boîte, vous posez la larme dans votre main et vous mettez un objet dans la boîte qui devra me revenir. La seule condition est de trouver un objet qui rentre dans 1cm2 et d’écrire sur le support de votre choix (papier, carton, serviette, un autre objet, digital, etc.) qu’est ce que cet objet représente pour vous.  Une fois le troc fini, cette larme sera la votre.

Profitez de ce troc pour partager vos idées, vos points de vue sur les situations citées précédemment, proposez des changements, des idées, pardonnez, dites au monde pourquoi cette larme est la votre, pourquoi vous n’êtes pas d’accord, parlez de vos rêves, désirs, tristesses, deuils, déceptions. Soyez libres, dites ce que vous voulez, le monde a besoin de vous.

Toutes les larmes seront troquées au mois de Février.

Si vous avez des doutes, contactez-moi :

Laura Hernández
E-mail: penelopelhg@gmail.com


Merci de votre participation! 

                

sábado, enero 25, 2014

25.01.99, 13h19

Instalación, 2m x 2m
Papel
2013



El 25 de enero de 1999 un terremoto de 6,4 grados en la escala de Richter sacudió nuestras vidas. Hoy, 15 años después, nosotros, quienes perdimos seres queridos y sobrevivimos a las 13h19, recordamos con un nudo en la garganta ese momento.

Papá: la primera vez que uno oye la palabra Terremoto es de mucho impacto.
Mamá: ay sí, porque siempre ha sido Temblor.
Papá: porque si tembló entonces uno dice “¡uy, que temblor tan fuerte!”, y cuando oye la noticia “Terremoto en Armenia” entonces ahí uno aterriza y dice “¡es que esto fue un terremoto!”.
Yo: porque uno no dimensiona, yo creo que nosotros dentro del apartamento no sabíamos que eso era de esa magnitud. Cuando bajamos al parqueadero, que todas las personas estaban ahí, bueno ahí uno dice “uy sí, fue como fuerte…” y luego uno sale del  condominio y todavía es más fuerte. Pero uno no sabe que está así por todas partes, uno nunca alcanza a dimensionar.
Mamá: cuando ve las paredes en el suelo, ¿cierto?, las paredes de los primeros apartamentos de La Aldea, todas se vinieron así, todos quedaron… las camas ahí volando, la sala… eso también fue muy impactante, ver los primeros pisos ahí…
Papá: y a mí me decían “se cayó tal edificio” y yo decía “tan exagerados, qué se va a caer un edificio”, no creía. Y cuando fui a caminar y vi los edificios aterrizados en 5metros y uy sí… (silencio) ahí sí creí.
Mamá: cuando empezó a temblar, como uno no sabía que eso iba a ser así, yo me paré y fui hasta la puerta, como para abrirla. En ese momento vi cuando el vidrio del bife, que estaba ahí contra la pared, se fue saliendo, el vidrio se fue saliendo así… entonces las cosas que estaban encima unas quedaron aquí y las otras quedaron allá.
Hermana: Yo me acuerdo de eso.
Yo: Dani, ¿usted no se acuerda que las dos estábamos en la pieza?, porque creo que en esa época teníamos las dos camas en la misma pieza y estábamos sin medias. Yo me acuerdo de eso porque nos habíamos acabado de bañar, y cuando el terremoto empezó mi mamá salió corriendo y yo no era  capaz de caminar porque el piso se movía mucho, entonces usted tampoco era capaz de caminar porque, imagínese, usted era más chiquita que yo, como íbamos a caminar en esa cosa tan horrible… entonces lo único que yo hice fue abrazarla, y  nos quedamos ahí porque no podíamos hacer nada más, no podíamos movernos.
Dani: yo no sé por qué no me acuerdo cuando… cuando se movía, yo tengo como imágenes, como fotos. Pero cuando se movía no, me acuerdo como de cosas muy detalladas  
Mamá: su papá se quedó con ustedes, abrazándolas, y yo miré para atrás y nos hicimos señas de que…pues…como que ya. Pero cuando yo estaba ahí, sí, yo pensé que ya, yo no esperaba sino que eso se desfondara, porque el tanque de arriba del agua, empezó a salirse el agua para acá y para allá, para acá y para allá…entonces se salía por los dos lados el agua y cuando de repente empezaron a agrietarse las paredes de las escalas, cierto, y empezaron a salirse como los tubos esos de PVC, que quedan verdes ahí, los tubitos que conducen la energía, las cuerdas, ¿no?, por la pared, empezó eso a reventarse entonces salía hasta agua por ahí…entonces yo sí dije…y cuando miré para la entrada de La Aldea se vino ese barranco, fuera de todo, entonces sí pensé que …ya.
Papá: Yo no vi nada, yo solamente miraba la pared que estaba al frente a ver cuándo se me iba a venir encima. Y no me di cuenta del bife, ni de que se salieron las cosas, ni de nada.
Mamá: ¿verdad?
Papá: Sí, a eso le llaman, creo que es, Visión de Túnel, que las personas no… descarta todo y solamente deja lo que es importante para sobrevivir. O sea, se va a venir una pared, y todo lo que importa es quitársele a la pared cuando se venga.
Mamá: además fue muy largo y los más horrible es que entre más rato eso arreciaba tan horrible… eso se llenó de polvo por todas partes porque como  los edificios se desfondaron y esos barrancos se cayeron entonces todo quedó como amarillo. Fuera de todo, semejante ruido y semejante cosa, eso todo quedó amarillo, esa nube de polvo en el centro, ay no… qué pánico volver a vivir algo así, no…
Papá: yo en ese momento quedé como bloqueado, sin saber qué hacer. Me decían “vecino, ¿usted qué va a hacer, va a ir a donde su suegro o va a dormir en el apartamento?”, y yo era como callado ahí. Hasta que él me dijo “¿no sabe qué hacer?” y yo le dije “sí, no sé”, como era una situación tan diferente que nunca he vivido, queda uno bloqueado.
Laura: lo que vino después fue lo peor…

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Fr.

Le 25 Janvier 1999 un tremblement de terre de 6,4 sur l’échelle de Richter secouait nos vies à 13h19. Aujourd’hui, 15 ans plus tard, nous, qui avons perdu des êtres aimés et avons survécu, nous nous rappelons de ce moment avec un nœud dans la gorge.

Mon Père: la première fois que l'on entend les mots tremblement de terre ça a  beaucoup d'impact.
Ma Mère: Oh oui, car on a toujours dit séisme.
Mon Père: Parce que si il y a un séisme alors vous dites "le séisme a été si fort !, " et quand on entend le mot « Tremblement de terre à Arménia », alors on réalise et on se dit " en fait c'était un tremblement de terre ! ".
Moi: Parce qu’on ne connaît pas la dimension du problème, je crois que quand nous étions à l'appartement, nous ne savions pas que c’était de cette ampleur, et pourtant, quand nous sommes arrivés au parking, tous les gens étaient là, à ce moment on se dit " ah oui, c'était aussi fort ... " et après on sort de la résidence et on comprend que c’est encore plus important. Mais on ne sait pas que c’est le cas partout, alors on n'arrive pas à mesurer ce qui se passe.
Ma Mère: Quand on voit les murs par terre, n’est ce pas? Les murs des premiers appartements de  La Aldéa, ils sont tous tombés, et tous étaient ... on voyait les lits de l’extérieur, le salon… C'était aussi très impressionnant, voir les premiers étages comme ça ...
Mon Père: Et moi on m'a dit " ce bâtiment est tombé " et je disais " tu exagères trop, il ne peut pas tomber ce bâtiment", je ne croyais pas. Et quand je suis allé faire un tour et que j'ai vu sur 5 mètres des bâtiments par terre ... (Silence) alors oui, j’y ai cru.
Ma Mère : Quand le tremblement a commencé on ne s’attendait pas a une chose pareille, je me suis mise debout et je suis allée jusqu’à la porte de l’entrée, je voulais essayer de l’ouvrir mais quand j’ai vue l’horreur de la situation… J’étais coincée  sous l’encadrure de la porte, je ne pouvais plus bouger, je me suis aperçue que l’eau sortait des mûrs   et que le four était tombé dans la cuisine. J’ai vue la vitre sur le buffet qui était contre le mur, je l’ai vue s’avancer vers l’extérieur alors toutes les choses qui avait dessus ont commencé à tomber, elles étaient toutes éparpillés.
Ma Sœur : Je me rappelle de ça.
Moi : Tu ne te rappelles pas quand on était dans la chambre ?, je crois qu’à cette époque on avait les deux lits dans la même chambre. On n’avait pas de chaussettes, je me rappelle de ça parce qu’on venait tout juste de prendre une douche. Et quand le tremblement a commencé ma mère est partie en courant et moi je ne pouvait pas marcher parce que le sol bougeait trop fort, alors toi tu ne pouvais pas marcher non plus, tu étais plus petite que moi, ce n’était pas possible, comment on allait marcher dans un truc pareil?... alors la seule chose que j’ai faite c’est que je t’ai prise dans mes bras, c’est tout… et on est restée là parce qu’on ne pouvait rien faire d’autre, on ne pouvait pas bouger.
Ma Sœur : je ne sais pas pourquoi j’ai que des images, comme des photos. Je ne me rappelle pas du mouvement, juste de petits détails.
Ma Mère : votre père est resté avec vous, en vous serrant dans les bras, et c’est là que j’ai regardée derrière, là où vous étiez, et on s’est fait le signe de…bon… que c’était la fin. Quand j’étais là j’étais convaincue que c’était fini, j’attendais juste que le sol s’effondre, parce que le réservoir d’eau du bâtiment était au dessus de notre appartement, et comme tout bougeait très fort, l’eau a commencée à sortir par-ci par-là, par-ci par-là… alors il y avait de l’eau partout, et d’un coup les murs des escaliers ont commencé a se fissurer, les tuyaux de PVC, ceux qui sont verts, les tuyaux qui conduisent l’électricité et les fils électriques sont sorties d’entre les mûrs. Ils ont commencé à s’éclater, alors l’eau sortait par là, moi, je me suis dis que… et quand j’ai regardée l’entrée de la résidence, La Aldéa, j’ai vu le flanc de la montagne s’effondrer, alors je pensais que… voilà.
Mon Père : Je n'ai rien vu, j'ai juste regardé le mur qui était en face pour savoir quand est-ce qu’il allait tomber sur moi. Et je n’ai pas remarqué le buffet, ni tout ce qui arrivait, ni quoi que ce soit.
Ma Mère : C’est vrai ?
Mon Père : Oui, on appelle ça, je crois que c'est, vision du tunnel, quand les gens ne ... c’est quand on écarte tout et on ne laisse que ce qui est important pour la survie. Autrement dit, s’il y a un mur qui va tomber,  tout ce qui importe est d’éviter qu’il tombe sur nous.
Ma Mère : Et vous savez ce qu’on n’oublie jamais ? C’est le son, le son qui sort de la terre.
Ma Sœur : Ah oui ... Je me souviens du son.
Ma Mère: J’étais très impressionnée parce qu’il y avait beaucoup de poussière autour du Parc Uribe, il y en avait beaucoup, tout était recouvert d’une couleur jaunâtre, de la poudre de terre jaune. Le mûr était tombé en premier, le flanc de montagne de l’entrée de La Aldéa, alors qu’il était immense, il s’est effondré, et après le bâtiment qui est tombé, le bâtiment qui a tué plein de personnes… c’est pour ça qu’il y avait autant de poussière dans l’air, à cause des édifices qui se sont effondrés. Et le bruit que ça fait…c’était comme un écho, très bizarre, une chose étrange au fond... et comme les choses commencent à tomber, les verres à s’éclater, les choses à se casser, alors c'est un son mélangé de tout ça... ah non, c’est un son très horrible. Le bruit de la terre est très horrible.
Mon Père : Moi, à ce moment, j’étais bloqué, je ne savais pas quoi faire. On me disait « et qu’est-ce que vous allez faire, vous allez dormir chez quelqu’un ou vous restez dormir à l’appartement ? », et moi, je restais en silence jusqu’au moment où mon voisin m’a dit « vous ne savez pas quoi faire ? » et je lui ai répondu « oui, je ne sais pas ». Comme c’était une situation tellement différente que je n’avais jamais vécu, j’étais bloqué.
Moi : Et ce qui est arrivé après c’était le pire...

martes, enero 14, 2014

Vida de espera.

"...Que los que matan se mueran de miedo.

¡Y que dejen de matar de una puta vez!".

 Joaquín Sabina.









Todos los días pienso que me podrían matar.
Todos los días, pienso, me podrían matar.
Todos los días me podrían matar.
Todos los días me pueden matar.
Todos los días me matan.


Pienso, todos los días, que me podrían matar.
Pienso que me pueden matar, todos los días.
Pienso, día tras día, que me podrían matar.
Pienso, cada día, que me podrían matar.


Cada día me podrían matar, pienso.
Cada día, pienso, me podrían matar.
Cada día pueden matarme.
Cada día me matan.


Recuerdo, cada día, mi muerte.
Recuerdo, día a día, que me podrían matar.
Recuerdo, día tras día, que me pueden matar.
Recuerdo, mi muerte, todos los días.
Recuerdo que matan.


Temo, todos los días, que me podrían matar.
Temo, día tras día, que me maten.
Temo, día tras día, mi muerte.
Temo, día a día, que me puedan matar.
Temo, cada día, que me puedan matar.
Temo, mi muerte, día tras día.
Temo, que un día, me maten
Temo, entre día y día, que me maten.
Temo, que uno de estos días, me maten.
Temo todos los días.
Temo que me maten.
                                         

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Fr.                  

Homenaje a los desaparecidos
Tierra, látex, hilo, pigmentos, velas.
200cm x 30cm.
2014
Vie d'attente.                                                                                                                          

Tous les jours je pense qu’on pourrait me tuer.
Tous les jours, je pense, on pourrait me tuer.
Tous les jours on pourrait  me tuer.
Tous les jours on peut me tuer.
Tous les jours me tuent.

Je pense, tous les jours, qu’on pourrait me tuer.
Je pense qu’on peut me tuer, tous les jours.
Je pense, jour après jour, qu’on pourrait me tuer.
Je pense, chaque jour, qu’on pourrait me tuer.

Chaque jour on pourrait me tuer, je pense.
Chaque jour, je pense, on pourrait me tuer.
Chaque jour on peut me tuer.
Chaque jour on me tue.

Je me rappelle, chaque jour, de ma mort.
Je me rappelle, au jour le jour,  qu’on pourrait me tuer.
Je me rappelle, jour après jour, qu’on peut me tuer.
Je me rappelle, de ma mort, tous les jours.

Je crains, tous les jours, qu’on pourrait me tuer.
Je crains, jour après jour, qu’on me tue.
Je crains, jour après jour, ma mort.
Je crains, au jour le jour, qu’on puisse me tuer.
Je crains, chaque jour, qu’on puisse me tuer.
Je crains, ma mort, jour après jour.
Je crains qu’on me tue.
Je crains, qu’un jour, on me tue.
Je crains, de jour en jour, qu’on me tue.
Je crains, qu’un de ces jours, on me tue.
Je crains tous les jours.

jueves, enero 02, 2014

Bailando sin bailar.

Serie: Te extraño
Tela, hilo, arroz
2011


Para celebrar el año nuevo, Celia Cruz hizo mover la cadera de un par de amigos franceses. De vez en cuando me permito importar un pedazo de sol de América Latina, en las primeras horas del 1 de Enero tenía que poner salsa. En un ambiente festivo, quince personas en mi sala y sin el corcho que salió volando por la ventana, me propuse lo que en dos años no he podido hacer: bailar salsa con un francés. Sin muchos voluntarios y con el volumen resonando en todo el edificio, se me salió el bailao, me puse de pie, miré alrededor, escogí a un invitado y le mostré lo primero que hay que hacer para empezar el ritual: poner la mano derecha en la cintura de la dama y  tomar su otra mano con la izquierda a la altura de los hombros. De fondo: La vida es un carnaval, ¡qué ganas de bailar!, ¡qué cantidad de meses sin chucu-chucu!, ¡qué alegría produce gritar Azúcar!, ¡qué maravilloso sería lograr compartir eso con mis amigos que me han compartido tanto de su cultura!


Una vez la posición adoptada, escogí el paso básico para bailar: pierna derecha al lado derecho, pierna derecha al centro, pierna izquierda al lado izquierdo,  pierna izquierda al centro. Con un poco de swing, unos coctelitos bien hechos y un poco de paciencia, uno puede bailar hasta varias canciones repitiendo ese movimiento, es más, uno puede no cambiar de pareja durante media hora y terminar conociendo su vida entera. Así me pasaba cuando era adolescente, con mi mejor amiga íbamos a fiestas de amigos, de conocidos, de amigos de amigos, del colegio, del barrio y hasta de desconocidos en la famosa calle de la ciudad en donde los bares y las discotecas abrían hasta las 3 de la mañana. El hombre escoge, la mujer acepta o no (nosotras siempre aceptábamos);  el hombre propone las vueltas y los cambios de paso, la mujer lo sigue con astucia evitando pisarle los zapatos; el hombre mira a la mujer  directo a los ojos, la mujer empieza una conversación (o viceversa); el hombre y la mujer bailan  el tiempo que las piernas aguanten si hay química en los cuerpos y en la conversación. Así aprendí a bailar salsa, creo que así aprenden la mayoría de personas,   – ¿Pero también es un baile para coquetear, no?  - Si así lo decides, sí. También puede ser un baile para divertirse sin otras intensiones. –Entiendo.  – Un, dos, tres, un, dos, tres, no mires los pies, diviértete.  Pasamos a La negra tiene tumbao, incorporé una vuelta básica a nuestro pequeño repertorio de pasos de salsa: el famoso Ocho, -ça s’appel le Ocho, comme le huit, le decía presentándole lo que parecía una acrobacia. Siempre jugando el curioso reto de traducir lo intraducible. La mano derecha a la altura de la cintura, abierta sobre la espalda, para empezar la vuelta; cuando la mujer ve que el hombre pone la mano ahí entonces entiende que tiene que poner la mano sobre la suya para hacer El Ocho, es implícito, pon la mano. –Oh là là!  –Ves, se llama Ocho porque haces dos vueltas como la forma del número 8. – ¡Otra vez! –Dobla el brazo, para que no te duela.  – ¿Así?  – ¡Exacto!, ahora más rápido   – ¡Genial!   – Ahora cuando terminemos el Ocho, me acercas con los brazos y seguimos haciendo el primer paso que te mostré.  Y pasamos a Que le den candela, lo estaba logrando, ¡bailar salsa de nuevo!, mi amigo parecía interesado, motivado y feliz, qué mejor manera de empezar el año que bailando. – ¿Sabes que en Francia tomar la mano de alguien es algo muy simbólico? –-¿Ah sí?  –Cuando le tomas la mano a alguien es porque es tu pareja o porque estás coqueteando y la persona se muestra interesada. –Veo, ¿aunque sea en un contexto diferente?  –En el contexto en el que estamos, una fiesta, puede no significar eso si de antemano se sabe que me estás enseñando a bailar, pero si no se aclara entonces la persona puede pensar que le estás coqueteando, ¡el contexto es súper importante!   – ¡Y eso que no te he mostrado los otros pasos!  –Y cuando le pones una mano en la cadera a alguien quiere decir que estableces un contacto físico con esa persona, que están más cerca y los dos aceptan. –En Colombia cuando bailas salsa con alguien puedes aprovechar para coquetear también, pero aunque haya mucho más contacto físico que en la cultura francesa no significa lo mismo; si para bailar hay que poner una pierna entre las piernas del otro no siempre quiere decir que estás pensando en invitar a tu pareja a tomar un café y conocerla mejor. – Aquí nunca es la mujer quien busca al hombre para proponerle salir a bailar, es el hombre casi siempre, si un día estás en una fiesta y sacas a bailar a un tipo que no conoces tal vez tu chico no se ponga muy contento. –Entiendo, bueno… ¡tú me conoces bien, sigamos bailando!. “Yo tengo un corazón de rumba que huele a calles de Cuba, tabaco, café, y chango”, esta mujer es increíble. No es que los europeos no sepan bailar, como dicen en la tierra de la salsa, es que los códigos son diferentes, las personas se tocan menos y la guachafita pasa primero por la palabra que por los gestos. Ese amanecer no pude bailar más de tres canciones pero una vez más esta cultura me sorprendió, lo que empezó como un curso exprés de salsa terminó en reflexión sobre las diferencias del contacto humano según el país en el que me encuentro. Son espejos que se paran frente a mí y me devuelven la imagen de la persona que soy: cuyabra, quindiana, colombiana, latina, extranjera. Y entonces uno se va construyendo, pegando los retazos, compartiendo tradiciones, deshaciendo costumbres, mezclando acentos, inventando palabras, cambiando pavo por fois gras, aprendiendo de todos, escuchando sin brindis, bailando sin bailar.

____________________________
Fr.

En dansant sans danser

Pour fêter la nouvelle année, Celia Cruz a fait bouger les hanches de quelques amis français. De temps en temps je me permets d’importer un morceau de soleil d’Amérique Latine.  Dans les premières heures du 1 Janvier, il fallait que je mette de la salsa. Dans une ambiance festive, une quinzaine de personnes dans mon salon où les bouchons s’envolent par la fenêtre, je me suis proposé de faire ce qu’en deux ans je n’ai pas pu faire : danser la salsa avec un français.  Il n’y avait pas beaucoup de volontaires et le son résonnait dans tout le bâtiment,  mon côté latin est ressorti, je me suis mise débout, j’ai regardée autour de moi, j’ai choisi un invité et je lui ai montré la première chose qu’il faut savoir pour commencer le rituel: mettre la main droite sur la taille de la dame et prendre son autre main avec la main gauche à hauteur des épaules. Au fond: La vida es un carnaval, quelle envie de danser!, quelle quantité de mois sans ce rythme!, quel bonheur me produit de chanter Azúcar !, quelle merveille pourra-être celle de partager cette danse avec mes amis qui m’ont partagé autant de leur culture!

Une fois la position adoptée, j’ai choisi le pas basique pour danser : la jambe droite vers le côté droit, la jambe droite au centre, la jambe gauche vers le côté gauche, la jambe gauche au centre. Avec un peu de swing, quelques petits cocktails bien préparés et un peu de patience, on peut danser plusieurs chansons en répétant ce mouvement, on peut même ne pas changer de partenaire pendant une demi-heure et finir par connaitre  toute sa vie. C’était le cas quand j’étais adolescente, avec ma meilleur amie on allait aux soirées des amis, des connaissances, des amis des amis, de l’école, du quartier et même des inconnus sur la fameuse rue de la ville où les bars et les discothèques fermaient à 3h du matin. L’homme choisi, la femme accepte ou pas (nous acceptions toujours) ; l’homme propose les tours et les changements des pas, la femme le suit astucieusement pour éviter de marcher sur ses chaussures ; l’homme regarde la femme dans les yeux, la femme entame une conversation (ou vice-versa) ; l’homme et la femme dansent le temps que ses jambes tiennent s’il y a une bonne chimique entre les corps et la conversation. C’est comme ça que j’ai appris à danser la salsa, je crois que la plupart de gens apprennent comme ça. –Mais c’est aussi une danse pour flirter, non?  –Si tu le décides, oui. Ça peut-être aussi une danse pour s’amuser sans avoir forcement d’autres intentions derrière. – Je comprends. –Un, deux, trois, un, deux, trois, ne regardes pas les pieds, amuse-toi. On est passé à la chanson La negra tiene tumbao, j’ai ajoutée alors un tour basique à notre petit répertoire de pas de salsa : le fameux Ocho, –  Ça s’appel le Ocho, comme le huit, disais-je en présentant ce qui avait l’air d’être une acrobatie. Toujours en train de jouer à traduire l’intraduisible. La main droite à hauteur de la taille, ouverte vers le dos, pour commencer le tour ; quand la femme voit que l’homme mets sa main là, alors elle comprenne qu’elle doit mettre la sienne par dessous pour faire le Ocho, c’est implicite, mets ta main là.  – Oh là là!  –tu vois, ça s’appel le Ocho parce que tu fais deux tours comme la forme du numéro 8. –Encore une fois!  – Plies ton bras, pour que ça ne te fasse pas mal. –Comme ça?  – Exactement, maintenant on fait plus vite. – Génial!  – Maintenant quand on fini le Ocho, tu dois m’approcher avec les bras pour qu’on puisse continuer à danser et on fait le premier pas que je t’ai appris. Et on est passé à la chanson Que le den candela, j’étais en train de réussir, danser la salsa à nouveau!, mon pot avait l’air d’être intéressé, motivé et heureux, il n’y a pas une meilleure manière de commencer l’année qu’en dansant. –Tu sais qu’en France prendre la main de quelqu’un est quelque chose de très symbolique?  –Ah oui?  – Quand tu prends la main de quelqu’un c’est parce que soit vous êtes en couple soit tu fais la coquine et l’autre est intéressé.    – Je vois, même si c’est dans un contexte différent? – Dans ce contexte là, une fête, ça peut ne pas signifier ça si on sait à l’avance que tu es en train de m’apprendre à danser, mais si ce n’est pas clair alors la personne peut penser que tu es intéressé, le contexte est super important!  –Sachant que je ne t’ai même pas encore montré les autres pas  –Et quand tu mets ta main sur le hanche de quelqu’un ça veut dire que tu établis un contact physique avec cette personne, que  vous êtes plus proches et que les deux personnes acceptent. –En Colombie quand tu danses la salsa avec quelqu’un tu peux profiter pour faire le coquin aussi, mais même s’il y a beaucoup plus de contact physique que dans la culture française, cella ne veut pas dire la même chose, si pour danser il faut mettre ta jambe entre les jambes de l’autre ça ne veut pas toujours dire que tu vas lui proposer d’aller prendre un café le lendemain pour mieux la connaître.  – Ici ce n’est jamais la femme qui cherche l’homme pour lui proposer de danser, dans la plupart des cas c’est l’homme, si un jour tu fais la fête et que tu proposes à un garçon de danser avec toi peut-être que ton copain ne sera pas très content. –Je comprends… bon… on se connaît, allons danser!. « J’ai un cœur de rumba qui sent les rues de Cuba, le tabac, le café et le chango », cette femme est incroyable. Ce n’est pas que les européens ne savent pas danser, comment on dit dans la terre de la salsa, c’est que les codes sont différents, les personnes se touchent moins et le désordre passe d’abord par  les mots que par les gestes. Je n’ai pas pu danser plus de trois chansons dans cette soirée mais une fois encore cette culture m’a surpris, ce qu’au début était un cours exprès de salsa a fini en réflexion sur les différences du contact humain selon le pays dans lequel je suis. Ceux sont des miroirs qui se mettent face à moi et me renvoient l’image  de la personne qui suis-je : cuyabra, quindiana, colombienne, étrangère. Et c’est alors qu’on se construit, en collant des fragments, en partageant des traditions, en défaisant des coutumes, en mélangeant des accents, en inventant des mots, en changeant la dinde par le fois gras, en apprenant de tous, en écoutant sans porter un toast, en dansant sans danser.